Girona ! Une semaine dans la capitale du vélo

Girona ! Une semaine dans la capitale du vélo

Ce mois d'avril, j'ai eu la chance de découvrir la capitale du vélo, Gérone. De l'autre côté des Pyrénées, dans la continuité de Perpignan. Là-bas, j'y ai découvert un endroit idéal pour les amoureux du cycle. Magasins, bibliothèques, restaurants, cafés, réparateurs... tout un écosystème tourne autour des cyclistes. Plusieurs anciens cyclistes professionnels retraités se sont installés à Gérone et ont eux aussi participé au développement de cet environnement.

Dans cet article, je vous emmène avec moi pour cette semaine à Gérone, à travers mes deux sorties à vélo et la découverte de la ville. Cette semaine devait être celle où je réaliserais ma première tentative de 300 km ou, au minimum, mes 200 km d'avril. Mais cela ne s'est pas passé comme prévu et nous en reparlerons.


Let's go to Girona !

Je suis parti des Combrailles en fin de journée, avec l'idée d'arriver tôt à Gérone, ce qui impliquait de rouler toute la nuit. J'ai bien roulé jusqu'à Saint-Flour, où j'ai effectué ma première recharge, puis jusqu'à Millau. À partir de Béziers, rester éveillé a commencé à devenir difficile, puis complètement impossible à Perpignan, où je me suis endormi plusieurs heures jusqu'au lever du soleil. Garé sur la borne d'un Lidl, chercher le petit déjeuner ne m'a pas demandé beaucoup d'effort. Maintenant, direction Gérone. Dès le passage de la frontière à La Jonquera, il y avait un immense soleil et la route était peu encombrée. Si en France le lundi de Pâques est travaillé, en Espagne, tout est fermé. On passe d'un monde à l'autre. Seules les activités de bouche et les restaurants sont ouverts. L'arrivée se fait tranquillement en début d'après-midi à Salt, sous une chaleur de plomb... Cette chaleur sera un problème à partir de là. La chambre du B&B est une fournaise... après avoir demandé à la réception un ventilateur ou l'activation de la climatisation. La réceptionniste me fait savoir que la clim est en panne. Cette première nuit est un calvaire. Je prévoyais de faire une sortie de 300 km, mais avec si peu de sommeil, la fatigue, la route... ce plan est abandonné.


Col de Rocacorba

Réveil, puis passage au petit déjeuner. Je ne me vois absolument pas rouler 300 km : je suis toujours aussi fatigué et cette chaleur, je ne m’y fais pas. Je me prépare, prends quelques gels et charge le GPX sur mon Magene. J’enfourche mon vélo, et c’est parti. Je prends le temps de sortir de Gérone, entre les bus et les voitures en pleine heure de pointe. Il y a une portion de route où je roule à 1 m d’une départementale, avec des voitures et des camions qui roulent à 90 km/h. C’est assez fréquent en Espagne... Je prends une sortie qui mène à un rond-point. Progressivement, la ville laisse place à la campagne. La fraîcheur matinale est rapidement réchauffée par le soleil qui se lève et quelques bosses bien raides. À partir de là, la route est absolument nickel, le ciel est dégagé et le paysage magnifique. Je passe par quelques villages vraiment mignons au charme particulier. J’arrive rapidement au pied du col de Rocacorba. Le "Climb Pro" du Magene se lance : je ne vois quasiment que du rouge sur l’écran. Je sens que ça va faire mal. Jusqu’au 5e kilomètre, les choses se passent plutôt bien. Il y a quelques sections moins raides, un peu de plat et de descente vraiment appréciables. Puis, sur quatre kilomètres et demi, c'est à nouveau le dur : plus aucun plat jusqu’à 3 km avant le sommet, où il y a une petite descente au niveau de la première antenne, avant une reprise de montée sèche jusqu’à la deuxième antenne. Et là, c’est le sommet du col. La vue est absolument incroyable : les Pyrénées enneigées et le paysage. Surtout, le sentiment de fierté d’avoir accompli quelque chose de difficile, une immense satisfaction d’avoir fini. J’aime ces petites victoires. Il est temps de redescendre, car la faim commence à se faire sentir. Je ne suis pas particulièrement fan des descentes. Le retour se fait tranquillement, la météo est toujours excellente. À 10 km de Gérone, deux cyclistes me dépassent. Je sens que j’en ai encore dans les jambes, alors j’augmente mon rythme pour les suivre. Il y a 3 bosses où je perds un peu de temps, mais je finis par les rattraper. Dans une descente, ne voulant pas être "drafté" (aspiré) sans leur accord (et pour rappel, je ne parle pas espagnol), je change de braquet, les dépasse et je les "drafts" (aspire) à 60 km/h. Inutile de vous dire que je suis super fier. Un peu plus loin, au feu, je les remercie pour ce petit challenge. Nous échangeons quelques mots avant que nos routes se séparent.


L’après-midi est une simple balade dans le centre historique, un petit tour dans les magasins spécialisés, dont mon préféré, Rocacorba, puis Guava, où j’ai découvert que les maillots de cyclistes sont vraiment cool. Je rentre à l’hôtel pour me reposer le reste de la soirée. Le lendemain, je continue la visite du centre. Au programme : le Musée d'Art de Gérone qui recèle des merveilles (tableaux, sculptures chrétiennes et Retables). Je ne peux que vous recommander cette visite. Les œuvres sont émouvantes et magnifiquement conservées. Au dernier étage, une exposition est consacrée à Francisca Rius Sanny, une femme absolument remarquable dont la vie est retracée à travers des photos, ses œuvres artistiques et l’histoire de la difficulté pour une femme de s’imposer dans l’art au XXe siècle. La basilique Sant Feliu est le prochain édifice à m'accueillir. C'est un lieu mystique et d’une grande beauté, bien que sombre. Le musée accolé à la basilique expose de magnifiques croix de procession. En ayant la possibilité de les observer de près, on se rend compte de la beauté et des détails des incrustations.


La soirée est marquée par une pause gourmande au restaurant La Francina où j’avais absolument envie de steak-frites. Je sais que ce n’est pas très local, mais c’était vraiment ce dont j’avais envie sur le moment. Un restaurant que je recommande. Je ne vais pas non plus faire l’éloge des frites maison et d'un bon steak, mais si cela est réussi, j’imagine ce que peut donner le reste.


Jour 4, randonnée dans la nature.


Toujours au départ de Salt, après 10 minutes de marche, on se retrouve en pleine nature, sur des routes en terre battue. J’en viens presque à regretter de ne pas avoir pris mon Nakamura pour faire un peu de gravel. Le parcours proposé par Strava n’est pas très difficile : 10 km pour 218 m de D+. La chaleur est agréable, le soleil brille. J’aime bien randonner ; c’est vraiment un moment de coupure, de relaxation et une forme d'effort différente. Je n'essaie pas d’aller vite ou de "performer" sur le parcours, mais juste de prendre le temps de respirer, de vivre la nature et de me connecter à l’instant présent. Au sommet de la Pedra de la Miquela se tient un petit mausolée où chacun est invité à laisser un petit quelque chose. Malheureusement, je n’ai rien sur moi, alors je fais une prière et m'excuse pour mon indigence. On observe les Pyrénées enneigées. La vue est vraiment canon, et le calme des lieux est vraiment appréciable. Le retour sur Gérone se fait le long d’une voie verte qui continue vers le centre.


Au retour, je réfléchis à ma sortie du lendemain : les 300 km à nouveau, comme je l’avais prévu en début de semaine. C'est alors que je reçois un message d’un ami sur Strava qui a vu que j’étais à Gérone grâce à ma sortie sur le Rocacorba. Il me dit : « Tant qu’à être dans le coin, fais le col Mare de Déu del Mont, tu ne me remercieras pas. » Attends, il me met au défi là !? Alors je lui réponds : « Je te dirai ça demain. » Et là, je me penche un peu sur le truc... mais de la pire des façons. Je cherche le lieu sur Strava et trace un itinéraire depuis l’hôtel. J'exporte le GPX, l'envoie au Magene, et là, je regarde les ascensions répertoriées, dont l’ascension du col en lui-même de 10 km. Confiant, je prépare mes affaires (quelques gels et une gourde). En route pour la difficulté ! Il faut savoir qu’il y a 50 km pour y aller. Je vous le dis, car cela aura une importance pour la suite. Comme à mon habitude, je me fie au « Climb Pro » de Magene, que ce soit sur l’application Onelap ou sur l’odomètre lui-même. Et là, je me suis fait avoir ! Le Climb Pro m’indiquait une ascension sur 10 km… et, dans mon infinie ignorance, j’ai continué à pousser des watts dès le début sur les 8 premiers kilomètres, jusqu’à ce que Magene m’indique : « Montée à venir dans 100 mètres. » J'encaisse les premiers kilomètres de la montée officielle. Ça pique, ça fait mal, mais ça va à peu près. Mais ça se dégrade rapidement : à 2 km du sommet, je vis une "giga fringale". Une coureuse pro de l’équipe AG Insurance Soudal me demande si ça va. Je lui fais signe de la tête que oui, alors que non, car cette situation était tellement prévisible. Cinquante kilomètres dans la fournaise (la cagne), le Climb Pro qui m'a baladé, et une seule gourde vide à 5 km du sommet d’un col Hors Catégorie (HC). En somme, je n’ai rien appris du Tourmalet ! Je m’en veux, car j’aurais dû savoir. J’ai demandé l’explication de ce phénomène physiologique à Gemini, qui me l’a bien expliquée:


“Quand il fait "super chaud" et que vous n'avez plus d'eau pour transpirer (qui est le seul moyen pour le corps de se refroidir), votre température corporelle interne grimpe en flèche.

Face à cette surchauffe, le cerveau (le Système Nerveux Central) passe en mode survie". Pour éviter que vos organes "cuisent", le cerveau coupe littéralement le courant envoyé à vos muscles.

Il vous empêche physiquement de recruter vos fibres musculaires pour produire de l'effort, car l'effort produit de la chaleur. C'est pour cela que vos jambes tournaient au ralenti et que vous n'étiez pas essoufflé : votre cerveau refusait de faire monter le cœur et les poumons dans les tours pour vous protéger.”

Quand vous arrivez épuisé et déshydraté sur des pentes à plus de 10-12%, la moindre baisse de puissance se paie cash : la cadence de pédalage s'effondre. Vous vous retrouvez bloqué, obligé d'utiliser la force de vos bras et de votre dos (le fameux "tout le corps") pour faire avancer le vélo à 5 ou 6 km/h.

Ajoutez à cela la fatigue résiduelle du Rocacorba grimpé deux jours plus tôt (le mardi), et votre corps a simplement dit "stop".

Voilà, je ne l’aurais pas mieux expliqué. L’idée derrière ces deux cols est de préparer le Ventoux en ligne de Mire au mois de mai. Anastasia étant forfait, c’est Dylan qui sera avec moi.

Pour revenir au Col Santuari de la Mare de Déu del Mont, je l’ai grimpé depuis Cabanelles. C’est un col que je recommande, ne serait-ce que pour la vue absolument spectaculaire. Comme le Rocacorba, c’est un col à accès unique : vous redescendrez par la même route qu’à l’aller. Si vous aimez les routes en lacets, un restaurant vous attend au sommet. Sur le retour, j’ai cassé un rayon avant dans la descente...


Et le lendemain, c’est déjà le retour en France…


EN CONCLUSION : Si vous êtes passionné de vélo, par la culture autour de ce sport et par le style de vie (lifestyle) associé, je vous recommande Gérone. Vous vous plairez dans la culture locale, l’ambiance, la gastronomie, l’architecture... et profiterez des belles routes, autant pour le vélo de route que pour le gravel. Les magasins spécialisés pourront vous proposer des itinéraires et des sorties en groupe. Malheureusement, je ne suis pas resté assez longtemps pour en profiter moi-même.


A très vite !



The French Cyclist
Michaël - The French Cyclist

34 ans passionné de cyclisme depuis trois ans.
Après avoir pris du recul avec les réseaux sociaux, j’ai créé ce blog pour continuer à partager mes aventures à vélo avec celles et ceux que ça intéresse.
Ici, vous découvrirez un univers plutôt solitaire, fait de balades et d’explorations dans des coins parfois inattendus.


Articles similaires


Commentaires