Une semaine en stage solo à Palma de Majorque

Une semaine en stage solo à Palma de Majorque

Majorque est une île avec une énergie incroyable, très visitée par les touristes dont beaucoup de sportifs : coureurs, traileurs, triathlètes et cyclistes. C'est sur ce petit bout de terre que j'ai posé mes affaires pour une semaine sportive. Au programme : vélo, rando, course à pied et balades dans Palma à la découverte des boutiques spécialisées (Rapha, Tan Lines, Café du Cycliste...). Dans cet article, je vous raconte cette semaine riche en rencontres et en anecdotes. Mais je vous parle aussi des choses que j'ai découvertes, des nouveautés, et de la façon dont elles m'ont préparé pour mon prochain voyage.


Même s'il s'agit d'un court séjour, il y a tout de même énormément de préparation en amont. Le programme, les itinéraires, la stratégie de nutrition, le matériel à emporter, le nombre de tenues... et surtout : préparer et emballer le vélo pour l'avion, avec la peur au ventre qu'il soit abîmé ou qu'une roue soit voilée.


Pour ça, j'utilise un sac de transport souple Decathlon que j'ai pas mal modifié. J'y ai ajouté une planche rigide dans le fond, un support pour fixer la fourche et un autre pour le boîtier de pédalier et les plateaux. Une sangle part de sous le sac, fait le tour jusqu'à la selle et vient fixer solidement le cadre. Cependant, la partie arrière du cadre (qui est la plus fragile) reste exposée. Du coup, je mets une tige filetée à la place de la roue pour éviter tout risque de compression lors de la manutention à l'aéroport. Chaque roue est protégée par un carton et disposée de chaque côté du vélo. Le cintre est démonté et fixé le long du cadre, tout comme le dérailleur arrière, soigneusement protégé avec du papier bulle et du film plastique. Et c'est prêt !



Pour que le vol ne me coûte pas un bras, j'ai pris les billets Vueling en premier. C'est la seule part variable du budget : plus je m'y prends tard, plus elle augmente. Voici le détail :


Billets d'avion : 64,13 €

Bagages en soute : 53 €

Places confort : 24 €

Transport du vélo : 108 €

Coût total du transport : 253,13 €


Pour l'hébergement, j'ai fait simple : retour à l'auberge où je logeais l'année dernière. Même si je n'y étais resté que le temps d'un week-end, j'avais bien aimé l'ambiance internationale, le mélange des langues, les différents parcours de vie et les échanges enrichissants que j'avais pu avoir. Mais cette année, disons que mon ressenti n'a pas été tout à fait le même... je reviendrai sur ce sujet un peu plus loin.


Côté sportif, le planning comprend 2 sorties à vélo. La première a pour but de battre ma plus longue sortie (210 km) avec un itinéraire prévu de 240 km. La deuxième sera plus courte et improvisée. S'ajoutent à cela un jour de repos pour flâner dans Palma, une journée de randonnée sur les hauteurs, et un petit footing le dernier jour avant de reprendre l'avion pour Paris.


Je suis arrivé à Palma lundi soir. Le temps de faire quelques courses, de m'installer, de remonter le vélo, de manger et de prendre une douche, il était déjà temps de se coucher. Car le lendemain, c'était le grand jour : la longue sortie.


Le réveil a été laborieux. Je me prépare, prends ma whey et je décolle. C'est sur le départ, alors que je mets mon Magene en mode sortie, que je me rends compte que je n'ai pas le GPX dessus... J'ouvre l'application et celle-ci m'indique que les serveurs sont en mise à jour et qu'elle est inutilisable. Alors je roule un peu, je vérifie, et ainsi de suite. Au bout de 5 km, Eurêka ! Je peux enfin envoyer le GPX sur le Magene et commencer "officiellement" ma sortie.



Au programme : j'évite tous les cols pour un parcours le plus roulant possible avec 1594 m de D+. L'itinéraire passe par Palma, Llucmajor, Sineu, Petra, Manacor, Capdepera, Artà, Alcúdia, Port de Pollença, Pollença, Inca et retour à Palma. Ce n'est pas plat pour autant : il y a quelques montées raides mais courtes, et d'autres moins raides mais bien plus longues. Ma stratégie de nutrition était assez simple : un gel et 500 ml de boisson isotonique par heure pour éviter la fringale et une trop grosse déshydratation, compte tenu de la météo ensoleillée et des 19 degrés. Et au bout de 3h, prendre une compote. Lors de ces longues sorties, je suis incapable d'avaler quelque chose de solide ; mon estomac est complètement noué et le solide me donne plutôt envie de vomir...


Tout allait bien jusqu'à Capdepera. La vitesse moyenne tournait autour de 29 km/h, chaque bosse était passée sans aucune difficulté, je me sentais bien. J'ai pu respecter mon plan d'alimentation grâce au Smart Assist du Magene qui me rappelle de boire et de manger, et mes points de pause sont bien affichés sur mon GPX.


Mais en partant de Capdepera en direction de Port de Pollença, j'ai senti que j'avais tapé dans mes réserves. La fatigue se fait sentir, les jambes deviennent lourdes, sortir de la puissance devient difficile et la vitesse moyenne baisse. Un premier couple me dépasse, puis un groupe d'Allemands. Au bout de 2 km, je reviens à la hauteur des deux groupes. Ne voulant pas drafter sans consentement, je les dépasse et j'augmente la cadence pour avoir un peu d'espace. Et là, le Magene me notifie : "ascension dans 100 m". Ce qui serait passé sans difficulté le matin est une tout autre histoire avec 120 km dans les jambes. Je lance un rapide coup d'œil derrière moi, le groupe d'Allemands est là. Je suis au milieu de la montée, mon capteur de fréquence cardiaque bipe : je suis à plus de 190 pulsations par minute. Psychologiquement, j'arrête de pousser. Le groupe me dépasse au milieu de l'ascension. Je ne sais pas pourquoi, mais je le vis mal. Alors je me vends un tas d'excuses : ils sont plus jeunes, plus frais... mais au fond, je me pose des questions. Trop lourd ? Pas assez d'entraînement ?


Cette pensée est mise de côté quand j'arrive devant la boutique RYZON que je voulais absolument visiter. Mais là, je me dis que ce n'est pas le moment : je suis transpirant et j'ai encore de la route. Ça sera pour une autre fois. Je continue jusqu'à Alcúdia pour une petite pause au Lidl. Je suis vraiment épuisé. Il me reste 80 km, mais je me rassure en me disant qu'il y a pas mal de descentes vers Palma, alors ça devrait aller. Je n'ai pas de douleurs, pas de crampes, simplement plus de force. Mais ça, ça se joue au mental. Mon compteur m'indique 2 ascensions restantes jusqu'à l'auberge. Je repars. Je connais cette route, c'est celle que j'ai empruntée il y a un an (une partie avec Micha et l'autre depuis le Cap de Formentor jusqu'à Palma). Et ces deux ascensions, je les connais : même si l'année dernière je n'avais pas le Climb Pro, j'avais vraiment douillé. Ça a des airs de faux plats, la route est en virage, mais sur 2,5 km, c'est dur.



Je fais une dernière petite pause au Lidl en sortie d'Inca. Une mendiante, une femme d'un certain âge, me demande de l'argent. Je lui explique que je n'ai pas d'espèces avec un mix d'espagnol et de portugais plus qu'approximatif. En me voyant chercher mes mots, elle me dit qu'elle parle anglais. Je lui répète en anglais que je n'ai pas de monnaie, mais que je peux lui prendre un truc à boire ou à manger si elle le souhaite. Elle me demande un Coca. Je prends de quoi boire pour moi et je lui achète son Coca.


J'avais reconnu son accent anglais, et je n'avais aucun doute sur le fait qu'elle venait du Nigeria, où j'ai moi-même grandi. Je lui demande poliment d'où elle vient et elle me confirme que mon intuition était bonne. Mais quand je lui demande de quelle région, elle me rétorque "de l'État d'Edo". Je n'insiste pas plus. Beaucoup de femmes de cet État ont été victimes de traite d'êtres humains... Promises à un futur radieux en Europe, elles étaient arrachées à leur famille et prostituées dans des lieux sordides pour rembourser ceux qui les exploitaient. J'ai parlé un moment avec elle : du pays, de la famille, des enfants... Et comme toute personne du Nigeria, elle m'a dit au revoir avec un chaleureux "prends soin de toi et fais attention à toi". Ce petit moment de quelques minutes dans cette très longue journée m'a ramené à mon enfance au Nigeria, mais m'a aussi rendu tellement triste pour cette femme au destin si tragique. Je ne pense pas un instant que qui que ce soit rêve de faire la manche devant un Lidl ; alors, le simple fait de discuter et d'être gentil, c'est déjà un geste positif.


La journée se termine enfin à Palma, après 9h12 de roulage, 1594 m de D+ et 227,22 km. Ma plus longue sortie. Une douche, et je me pose dans un resto chinois à volonté. Je sais, ce n'est pas très espagnol, mais sur le moment, c'est tout ce dont j'avais envie. En sortant de là, je me demande ce qui vient de se passer !? Deux secondes avant, j'étais au téléphone avec ma mère, et l'instant d'après, je me faisais pétrir la brioche par une inconnue. Je vais mettre ça sur le compte de la fatigue et du touriste naïf.



Je profite d'un jour de repos pour partir à la découverte de Majorque et de ses merveilles. Je me balade le long du port jusqu'au centre historique, émerveillé par l'architecture et la beauté de l'horizon. Je déambule au hasard, gardant en tête que je dois passer par le Rapha Club dans la journée, mais sans être pressé.



Au détour d'une ruelle, j'aperçois une cour intérieure abritant une œuvre d'art. Intrigué, attiré, je m'approche timidement. Je la contemple, je cherche la plaque signalétique. J'avance tout doucement. Dans cette cour, règnent le calme et le silence. Une petite musique douce berce les lieux. Je sens la détente m'envahir ; à cet instant, le rythme de la journée change du tout au tout. Je prends le temps d'admirer le travail de l'artiste, les mouvements, les courbes métalliques. Je ne cherche ni à comprendre ni à expliquer, juste à ressentir.



En reprenant ma déambulation, mon regard est attiré par un bâtiment : un musée d'art. Je m'approche de la réception, salue la dame et lui demande un billet. Elle m'encaisse et m'invite à entrer. Un grand parvis s'ouvre à moi, parsemé d'œuvres sculptées. L'une d'elles me laisse interrogatif : un bloc de marbre dans lequel sont taillés un nez et des mains, comme une compression de gens en boule... Probablement une métaphore du surtourisme, un problème dont je suis moi-même l'un des acteurs à cet instant.



La visite se poursuit à l'intérieur, sans trop savoir ce qui m'attend. C'est avec une grande surprise que je tombe sur des crèches napolitaines. Ce sont de petites sculptures détaillant la vie de l'époque, où tout le monde est représenté : les enfants qui jouent, les mendiants, la vie au marché... Il n'y a pas seulement les personnages, mais aussi les objets de la vie quotidienne (vaisselle, ustensiles de cuisine) reproduits avec une précision si frappante que l'on se croirait replongé à cette époque. Je pourrais m'étaler encore longuement sur cette visite tant elle m'a plu.



Après cette parenthèse culturelle, direction le Rapha Club de Majorque. C'est un lieu dont j'ai beaucoup apprécié le concept : même s'il tourne autour du vélo, tout le monde y est le bienvenu. Un café-bar au rez-de-chaussée, des tenues Rapha un peu partout, un écran géant pour suivre les courses... Cet endroit m'a totalement conquis. Au club, j'ai fait la connaissance de Javi. En lui demandant quelles étaient les sorties organisées, il me parle d'une sortie de groupe prévue le vendredi par Tan-Lines, le magasin d'en face. Une sortie plutôt tranquille. On échange nos Strava, je finis mon jus et je lui dis qu'on se verra vendredi.



Le soleil se couche tranquillement sur une soirée calme. De retour à l'auberge, un nouvel arrivant vient tout juste de terminer sa sortie. J'engage la conversation et je lui propose de se joindre à nous pour la sortie de vendredi s'il est intéressé. C'est ainsi que Tobias est devenu mon pote de fin de semaine.


Jeudi, jour de rando. C'est un moment que je trouve assez atypique : le rythme est plus lent qu'à vélo et la distance plus courte. Pas d'écouteurs, le téléphone rangé dans le sac, juste la carte sur la montre. Je prends le temps de vivre la nature, de profiter du paysage et de la coupure, de prendre un grand bol d'air frais tout en bougeant mon corps. Ce n'était pourtant pas l'itinéraire que j'avais prévu. Trop fatigué et n'ayant pas envie de prendre le bus pour rejoindre le point de départ, j'ai fait un petit tour sur Strava au réveil. Et me voilà parti pour un parcours de 20 km et 670 m de D+ vers les hauteurs de Palma, directement depuis l'auberge.


Vue depuis le Mirador de n'Alzamora


Il n'y avait quasiment personne sur les sentiers, au point que je me suis demandé si je ne m'étais pas trompé. La météo oscille entre nuages menaçants et soleil... L'inquiétude de me prendre la pluie me met un peu la pression pour me dépêcher. Je dois d'abord atteindre le point le plus éloigné : un petit fort offrant une vue splendide (Mirador de n'Alzamora) . Ensuite, direction une colline surplombant la mer (Puig Gros de Bendinat) . Les deux derniers kilomètres avant le premier point ont été assez chaotiques, aussi bien à l'aller qu'au retour, avec un chemin très escarpé. Au final, pas de pluie, mais une rando sympa et des paysages vraiment impressionnants qui valaient largement l'ascension.



Je passe la soirée à l'auberge. C'est l'occasion de revenir sur ce dont je parlais plus tôt... Il y a désormais des locataires longue durée qui y vivent quasiment toute l'année et qui se sont clairement approprié les lieux. Beaucoup de bruit, des Reels qui tournent sur les téléphones jusqu'à tard le soir, des appels passés sans aucune discrétion... Un vrai noyau d'habitués s'est formé. L'ambiance n'était plus du tout la même que l'année précédente. Le staff a changé lui aussi, se montrant plus froid et moins accueillant. C'est certain, l'année prochaine, je me tournerai vers un autre établissement.


Réveil tôt ce vendredi, petit-déjeuner rapide. Avec Tobias, on décolle de l'auberge pour Tan Lines. Quelques kilomètres, le temps de rejoindre le centre-ville. L'accueil est très sympa, on nous propose un café que je décline poliment car j'ai arrêté la caféine (et toutes les boissons qui en contiennent) depuis décembre dernier. On discute, on fait connaissance, les derniers retardataires arrivent. Un employé du magasin qui organise la sortie nous fait un rapide briefing. Je retrouve Javi avant que le groupe ne parte pour une sortie de 70 km avec 440 m de D+.



Sortir de Palma a constitué la première vraie partie de la sortie... Les feux, les voitures, l'heure de pointe. Puis, progressivement, la ville laisse place à la campagne. Je ne me sens pas prêt, pas assez échauffé, quand le groupe accélère et me dépose, ni plus ni moins... Je les vois s'éloigner comme ça. Pas grave, perdu pour perdu, je continue. Je trouve mon rythme et je monte progressivement.


Lors de la boucle, le Magene me fait presque écourter la sortie. Je sais qu'il n'aime pas les boucles et qu'il ne sait pas très bien les gérer. Quand je parle d'une boucle, comprenez qu'à un carrefour, la première fois, vous devez aller tout droit en sachant que vous repasserez par ce même carrefour plus tard dans la sortie (et là, il faudra prendre à droite). Mais si vous prenez à droite la première fois, alors vous écourtez toute la boucle en question.


À un rond-point, je vois un groupe au loin et là je me dis : "Ah, top ! Ils m'ont attendu." Je roule un peu avec eux sur 2 km avant de me dire... attends. Je me rappelle avoir fait la remarque à Tobias le matin même : tout le monde est en cuissard court, je suis le seul en long. Or, dans ce groupe, ils sont tous en cuissard long et roulent plus lentement que moi... Ce n'est clairement pas mon groupe ! Alors j'accélère. Je les dépasse tous et je les dépose pour essayer de rattraper le mien. J'ai trouvé ce petit moment assez cocasse.


J'arrive au seul col de la sortie, un tout petit (Coll de la Tofla). Je dois me rendre à l'évidence : je ne vais pas pouvoir les rattraper, juste réduire l'écart. Sur le retour vers Palma, je bombarde. Je sais déjà que je vais établir des PR de partout... et ça a été le cas !



Je rejoins Tobias à notre point de départ, il me demande où j'étais passé. Je lui raconte l'histoire, ce qui le fait bien rire. Il me demande comment s'est passé le petit col. "Sans trop de difficultés", je lui réponds. On discute avec les autres cyclistes de la sortie avant de manger un carrot cake au Rapha Club et de rentrer à l'auberge.



Le reste de l'après-midi, on a simplement lézardé au bord de l'eau au port de plaisance, sous un soleil de plomb. Lui sur un banc à lire, et moi sur ma serviette de plage à écouter un podcast. Le soir, on est allés dans un restaurant italien manger une pizza. Je sais, toujours rien de typiquement local ! Ma dernière mission de la journée : démonter et ranger mon vélo dans son sac, exactement comme au départ.


Le samedi, c'est course à pied. Si je ne dis pas de bêtises, ma dernière course remontait à décembre dernier à Nazaré, et elle avait d'ailleurs été écourtée par des douleurs. Entre-temps, je me suis fait mal au dos. Autant dire que j'appréhende. J'ai peur de la déception, peur de devoir m'arrêter à cause de la douleur, mais en même temps, j'ai hâte car je sens que je peux aller au bout.


J'organise un GPX de 10 km aller-retour depuis l'auberge : longer la côte sur 5 km et suivre le même chemin au retour, avant de me préparer, de finir de ranger mes affaires et de filer à l'aéroport. Et tout s'est incroyablement bien passé ! Aucune douleur au dos, ni aux jambes, ni aux pieds... pour un parcours de 13 km au final. Ma joie vient simplement du fait d'avoir terminé, d'avoir dépassé la distance prévue et de n'avoir ressenti aucune douleur.



C'est sur ce dernier effort que cette semaine à Palma se termine et que je rentre en France. J'ai le sentiment d'avoir accompli ce pour quoi j'étais venu. De m'être dépassé, d'avoir puisé au fond de mes ressources, et de m'être connecté avec moi-même, avec mon corps et ses capacités.


Dans 3 semaines, je serai à Gérone pour tenter les 300 km.


Je vous dis à très vite !


The French Cyclist
Michaël - The French Cyclist

34 ans passionné de cyclisme depuis trois ans.
Après avoir pris du recul avec les réseaux sociaux, j’ai créé ce blog pour continuer à partager mes aventures à vélo avec celles et ceux que ça intéresse.
Ici, vous découvrirez un univers plutôt solitaire, fait de balades et d’explorations dans des coins parfois inattendus.


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